Le restaurant Tropical Island à Boynton Beach, en Floride, subit de plein fouet la fin du statut de protection temporaire (TPS) pour les Haïtiens aux États-Unis. Depuis l'annulation officielle du TPS le 27 juillet 2026, le propriétaire Jean Morisset a dû licencier neuf employés dont les permis de travail ont expiré.
La fréquentation du restaurant a chuté de 60 %, passant de 600 clients quotidiens à seulement 200 ou 250 ces derniers jours. Selon Morisset, cette baisse s'explique par la disparition de groupes de clients haïtiens réguliers, qui contribuaient à un chiffre d'affaires d'environ 4 000 dollars par jour rien qu'avec les petits-déjeuners.
Le restaurant, ouvert depuis 22 ans, a dû réduire ses heures d'ouverture de 14 à 10 heures par jour et fermer plus tôt en raison du gaspillage alimentaire. Morisset et son épouse assurent désormais eux-mêmes les services, mais la reprise semble lointaine sans les employés TPS.
Les agents de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement) ont également multiplié les visites dans les commerces locaux, semant la peur parmi les clients et les employés. Une avocate en immigration, Lana Joseph, confirme que ces tactiques visent à pousser les travailleurs sans statut à l'auto-déportation en rendant leur situation intenable.
Les communautés haïtiennes en Floride subissent de plein fouet ces mesures, avec des descentes policières signalées dans d'autres établissements. Morisset, qui a hérité du restaurant de ses parents, tente désormais de recruter de nouveaux employés, mais la formation et l'adaptation prendront du temps.
La situation illustre les conséquences concrètes de la fin du TPS sur les petites entreprises dépendantes de cette main-d'œuvre. Les employés licenciés, dont deux se sont présentés au travail le lendemain malgré leur licenciement, n'ont désormais plus de moyen légal de travailler aux États-Unis.


