Le Programme alimentaire mondial (PAM), une agence de l'ONU gérant l'une des plus grandes bases de données biométriques au monde, a annoncé le renouvellement pour cinq ans de son contrat avec l'entreprise américaine Palantir. Ce partenariat, qui inclut l'outil Digital Operations and Transformation System (Dots), vise à optimiser la chaîne logistique humanitaire.
Cependant, un audit interne de 2025 révèle des « préoccupations majeures » concernant la gestion des données sensibles des bénéficiaires de l'aide, notamment en matière de protection de la vie privée.
Selon le document consulté par France 24 et PassBlue, le PAM ne dispose pas de « lignes directrices appropriées » pour encadrer ce partenariat, malgré des risques identifiés comme « de haute priorité ». Le contrat initial, signé en 2019, est prolongé sans modification majeure de ses conditions.
Un porte-parole du PAM a confirmé à France 24 que le renouvellement devrait être finalisé en août 2026. L'audit souligne également l'absence de stratégie de sortie claire en cas de rupture, ce qui compliquerait une éventuelle résiliation.
Ces révélations surviennent alors que des employés du PAM expriment des réserves éthiques, craignant que les données ne soient utilisées pour entraîner les systèmes d'intelligence artificielle de Palantir. L'entreprise, dont les technologies sont liées à des opérations militaires américaines, a déjà été associée à des controverses similaires par des ONG comme Tech for Bad.
Malgré ces alertes, le PAM maintient son engagement, bien que des divisions persistent au sein des Nations unies sur l'éthique de l'IA.


