L'Université du Cap (UCT) en Afrique du Sud a subi une perte significative de 250 millions de rands (environ 15,2 millions de dollars) en financement de donateurs suite à l'adoption de deux résolutions relatives à la guerre à Gaza. Le vice-chancelier Mosa Moshabela a révélé ces pertes au Parlement en juin.
La Donald Gordon Foundation a retiré son engagement de 200 millions de rands sur 10 ans destiné à un institut de neurosciences, et d'autres bienfaiteurs ont retenu 50 millions de rands supplémentaires, dont 15 millions de rands annuels pour des bourses.
Ces difficultés financières surviennent dans un pays déjà marqué par une forte inégalité. La dette étudiante de l'UCT dépassait un milliard de rands fin 2025, et environ 1 400 étudiants faisaient face à des blocages d'inscription début 2026.
Pour de nombreuses familles noires pauvres en Afrique du Sud, les bourses privées et l'aide publique sont essentielles pour accéder à l'enseignement supérieur, en raison des inégalités héritées de l'apartheid.
Les résolutions adoptées par l'UCT demandaient un cessez-le-feu à Gaza, une aide humanitaire, la libération des captifs et la reconstruction du système éducatif palestinien. La seconde résolution interdisait aux universitaires de l'UCT de collaborer avec des groupes de recherche affiliés à l'armée israélienne.
L'université a rejeté la demande de la Donald Gordon Foundation d'adopter la définition de l'antisémitisme de l'IHRA, préférant la Déclaration de Jérusalem qui protège la critique d'Israël.
L'article, publié sur Al Jazeera, souligne que l'utilisation de la richesse accumulée sous l'apartheid pour influencer les décisions universitaires soulève des questions éthiques. La fortune de Donald Gordon a été bâtie sous le régime de l'apartheid, une période marquée par la privation des ressources des communautés noires.
Ces fonds retirés, notamment ceux destinés aux bourses, pèsent davantage sur les étudiants noirs, perpétuant les inégalités historiques.
La source, Al Jazeera, rapporte que cette situation met en lumière la manière dont l'éducation a été utilisée comme un instrument de domination sous l'apartheid. En 1975-76, les dépenses par élève blanc étaient considérablement plus élevées que par enfant noir, reflétant une volonté de maintenir le contrôle.
La destruction du système éducatif à Gaza, où près de 98% des bâtiments scolaires sont endommagés, rappelle cette instrumentalisation de l'éducation.


