Amazon a annoncé que son service internet par satellite, Leo, devrait entrer en Afrique du Sud en 2027 via un partenariat avec Herotel, le principal fournisseur d'accès internet fixe du pays. Ce projet vise à connecter des zones rurales et des communautés éloignées, où les réseaux traditionnels sont coûteux ou inexistants.
Herotel dessert plus de 350 000 clients dans plus de 550 villes, offrant à Amazon une porte d'entrée vers des régions autrement inaccessibles. Cette initiative s'inscrit dans une tendance mondiale où les services internet par satellite, comme Starlink de SpaceX, se développent rapidement en Afrique, en Amérique latine et en Asie.
Starlink comptait déjà 10,3 millions d'abonnés dans 164 pays et régions en mars 2026, avec près de 9 000 satellites en orbite. Ces technologies promettent une couverture universelle, mais soulèvent des questions sur leur accessibilité financière pour les populations les plus pauvres.
Les coûts des données, des appareils et de l'électricité restent des obstacles majeurs, même avec une connectivité améliorée. Par exemple, Starlink a augmenté ses tarifs résidentiels de 50 % au Nigeria en avril 2025, passant de 38 000 à 57 000 nairas (28 à 42 dollars) par mois, après avoir tenté une hausse encore plus importante.
Les entreprises comme Amazon et SpaceX, déjà intégrées aux infrastructures de sécurité nationale des États-Unis, pourraient étendre leur influence stratégique dans les économies et les institutions des pays pauvres. Leurs services internet pourraient devenir des outils de contrôle indirect, limitant l'autonomie des gouvernements locaux.
Cette situation rappelle des précédents historiques, comme la construction du chemin de fer Matadi-Leopoldville au Congo sous l'administration coloniale belge, où les communautés locales étaient exploitées pour transporter des ressources vers l'Europe.
Plus récemment, Facebook a tenté de reproduire ce modèle avec Internet.org (renommé Free Basics), offrant un accès gratuit à certains services en ligne tout en limitant l'accès au reste d'Internet.
En Inde, cette initiative a été bloquée en 2015 après une campagne pour la neutralité du net, mais Free Basics a continué à se déployer dans plusieurs pays africains, dont le Ghana et le Kenya.
Les étudiants haïtiens doivent comprendre que l'accès à Internet ne se limite pas à la connectivité technique, mais inclut aussi des enjeux de souveraineté numérique et de dépendance économique. Les infrastructures numériques contrôlées par des entreprises étrangères pourraient influencer leur accès à l'éducation, à l'information et aux opportunités professionnelles.
Source: Al Jazeera, 11 août 2026.


