Selon AyiboPost, des citoyens ont rapporté avoir payé entre 150 et 1 000 gourdes pour obtenir des services de police qui devraient être gratuits. Des responsables syndicaux de la police et des défenseurs des droits humains confirment que ces frais sont illégaux.
L'article 5.1 de la loi de 2014 sur la prévention et la répression de la corruption stipule que toute somme perçue illégalement doit être restituée, avec une amende équivalente au triple de sa valeur.
Des témoignages recueillis par AyiboPost illustrent cette pratique. Par exemple, une jeune comédienne a dû payer 500 gourdes pour obtenir une déclaration de police nécessaire à l'obtention d'une nouvelle carte d'identité. Un technicien en montage vidéo a également payé des frais similaires dans différents commissariats pour enregistrer une déclaration de perte de sa carte d'identité.
Mathieuny Sidel, du Syndicat national des policiers haïtiens (SYNAPOHA), confirme que cette extorsion est pratiquée dans certains commissariats de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Il souligne que la perception de ces frais illégaux est une source de corruption connue des responsables de certains commissariats. AyiboPost a tenté de contacter l'Inspection générale de la Police nationale d'Haïti, mais sans succès.

