L’Agence des Nations Unies pour les migrations (OIM) a publié un rapport alarmant sur les routes migratoires mondiales pour l’année 2025. Au moins 7 667 personnes sont mortes ou ont disparu lors de leurs déplacements, un chiffre en baisse par rapport aux 9 200 décès enregistrés en 2024.
Cette diminution s’explique principalement par la réduction du nombre de migrants empruntant des voies irrégulières, notamment dans les Amériques, ainsi que par les contraintes budgétaires limitant l’accès aux données humanitaires.
Selon l’OIM, ces chiffres sous-estiment probablement la réalité, car de nombreux décès ne sont pas recensés en raison d’un manque d’informations et de moyens techniques pour les confirmer. L’agence souligne que ces pertes humaines ne sont pas une fatalité, mais le résultat de l’absence de voies sûres et régulières pour les migrants en détresse.
Amy Pope, directrice générale de l’OIM, a déclaré : « Ces décès ne sont pas une fatalité. Lorsque les voies sûres sont inaccessibles, les personnes sont contraintes d’entreprendre des voyages dangereux et tombent entre les mains de passeurs et de trafiquants.
» L’OIM appelle donc à un financement accru pour renforcer les opérations de recherche et de sauvetage, ainsi qu’à une coopération internationale renforcée pour démanteler les réseaux criminels exploitant la vulnérabilité des migrants. Les traversées maritimes, notamment en Méditerranée, restent les routes les plus meurtrières.
En 2025, au moins 2 185 personnes sont mortes ou ont disparu en Méditerranée, tandis que 1 214 décès ont été recensés sur la route Afrique de l’Ouest/Atlantique vers les îles Canaries. Le bilan réel est probablement plus lourd, car plus de 1 500 personnes supplémentaires ont été portées disparues en mer sans que leur disparition ne puisse être confirmée.
En 2026, la situation reste préoccupante : 606 décès ont déjà été enregistrés en Méditerranée au 24 février, malgré une baisse de 61 % des arrivées en Italie. Les autorités humanitaires peinent à vérifier ces chiffres en raison de la restriction croissante des informations sur les opérations de recherche et de sauvetage.
En Amérique centrale, la jungle du Darién, entre le Panama et la Colombie, reste l’une des routes migratoires les plus dangereuses. En 2025, 409 décès y ont été recensés, le chiffre le plus bas depuis 2014, mais les données définitives ne seront disponibles qu’en mi-2026.
En Asie, la route reliant la Corne de l’Afrique au Yémen et aux pays du Golfe a enregistré plus de 3 000 décès en 2025, un record pour cette voie migratoire. Les naufrages de masse, notamment ceux impliquant des Éthiopiens fuyant leur pays, ont fait plus de 180 victimes chacun.
L’OIM insiste sur la nécessité d’agir rapidement pour protéger les migrants et démanteler les réseaux de passeurs qui les exploitent. L’agence demande aux gouvernements et à leurs partenaires de renforcer les opérations coordonnées de recherche et de sauvetage, ainsi que de développer des voies de migration sûres et légales.
Source : OIM, 26 février 2026.



