Le 27 avril 2026, le dernier groupe de policiers kényans a quitté Haïti, marquant la fin officielle de la mission Multinational Security Support (MSS). Cette mission, déployée pour soutenir la Police Nationale d'Haïti (PNH) dans la lutte contre les gangs armés, a été confrontée à des obstacles majeurs depuis son lancement en octobre 2023.
Selon les autorités haïtiennes, la mission a permis une coopération et un engagement notables malgré des conditions difficiles. Un communiqué de la nouvelle force, la Gang Suppression Force (GSF), a salué le travail des officiers kényans, soulignant leur « engagement pour la paix au-delà des frontières ».
La mission MSS, approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU, a cependant peiné à atteindre ses objectifs en raison de retards, de lacunes financières et d'un déploiement incomplet. Sur les 1 000 policiers kényans promis, moins de 800 ont été déployés, et la force multinationale n'a jamais atteint les 2 500 membres prévus.
Le budget annuel estimé à 600 millions de dollars n'a été couvert qu'à hauteur de 400 millions, principalement grâce aux États-Unis. Malgré des opérations conjointes avec la PNH, les gangs armés ont continué à étendre leur contrôle sur Port-au-Prince et d'autres régions, avec plus de 90 % de la capitale sous leur influence selon l'ONU.
Le nombre de déplacés internes a atteint 1,45 million pendant la mission, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). La mission a également été marquée par des controverses, notamment des allégations d'exploitation et d'abus sexuels impliquant des membres du personnel, bien que les autorités kényanes aient nié ces accusations.
Les autorités haïtiennes ont exprimé leur gratitude pour le soutien reçu, tout en soulignant l'urgence de résultats concrets. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a déclaré devant le Conseil de sécurité de l'ONU que « Haïti n'a pas besoin de promesses, mais d'actions ».
La transition vers la GSF, approuvée par l'ONU en octobre 2023, vise à renforcer la stabilisation du pays. La nouvelle force, soutenue par l'ONU via le United Nations Support Office in Haiti (UNSOH), devrait atteindre 5 500 membres d'ici octobre 2026, avec des contributions attendues du Tchad, du Bangladesh et du Sri Lanka.
Cependant, les défis restent immenses, les violences persistantes et l'autorité de l'État limitée dans de nombreuses régions. La question de l'efficacité des interventions internationales reste ouverte pour de nombreux Haïtiens.

