Le gouvernement haïtien et le Conseil électoral provisoire (CEP) ont annoncé le 3 juillet 2026 un accord sur un budget de 120 millions de dollars américains pour financer les élections générales longtemps retardées.
Ce montant, validé par le Ministère de l'Économie et des Finances avec un appui technique, couvre les contraintes logistiques, l'amélioration progressive de la sécurité et l'accessibilité de certaines zones.
L'accord met fin à des mois de négociations après que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ait rejeté en avril une proposition initiale de 250 millions de dollars du CEP, jugée excessive par rapport aux 50 millions dépensés lors des élections de 2016.
Le budget final représente une réduction de 130 millions par rapport à la demande initiale du CEP, après des consultations avec des partenaires internationaux comme le BINUH, le PNUD et l'UNOPS. Les autorités ont souligné que ce compromis reflète les capacités financières limitées de l'État tout en permettant de progresser vers l'organisation d'élections démocratiques.
Plusieurs défis persistent avant l'organisation du scrutin. Le CEP n'a pas encore publié un calendrier électoral révisé ni finalisé le décret électoral, en raison de désaccords sur des révisions demandées par le gouvernement. Ces modifications, contestées par le CEP, concernent notamment l'indépendance constitutionnelle du conseil.
Le CEP a réaffirmé que la rédaction du décret relève exclusivement de sa compétence, qualifiant les changements proposés d'inconstitutionnels. Malgré ces tensions, des préparatifs sont en cours pour l'enregistrement des électeurs dans plusieurs départements, dont l'Ouest, le Sud, l'Artibonite et Nippes.
Le 3 juillet, le CEP a formé des agents pour le registre électoral, dont le déploiement est prévu une fois les conditions opérationnelles remplies. Le gouvernement et le CEP ont réitéré leur engagement à créer les conditions pour des élections libres, transparentes et pacifiques, conformément aux aspirations de la population haïtienne.
La publication du budget approuvé marque une avancée significative, mais son exécution dépendra de la résolution des désaccords persistants et de la mobilisation des ressources nécessaires. Les partenaires internationaux ont été sollicités pour compléter le financement des différentes phases du processus électoral.

