La Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, établie après la Seconde Guerre mondiale, définit les obligations des États envers les personnes fuyant la persécution. Initialement axée sur les Européens, elle a été étendue en 1967 et compte aujourd'hui 149 États parties. Cependant, près de huit décennies plus tard, la convention est mise à rude épreuve par une multiplication des crises mondiales.
Les conflits majeurs, tels que ceux en Syrie, au Soudan, au Venezuela et l'invasion de l'Ukraine, ont entraîné des déplacements massifs de population. Selon les Nations Unies, plus de 41 millions de réfugiés sont enregistrés dans le monde.
La convention définit un réfugié comme une personne ayant une crainte fondée de persécution pour des raisons de race, religion, nationalité, appartenance à un groupe social particulier ou opinion politique. Le principe de non-refoulement, interdisant le renvoi d'un réfugié vers un pays où sa vie ou sa liberté serait menacée, en est un élément central.
Malgré ces principes, plusieurs pays riches ont adopté des politiques de plus en plus restrictives. Aux États-Unis, des décisions récentes ont facilité le renvoi des demandeurs d'asile et la suppression du statut de protection temporaire (TPS) pour des ressortissants haïtiens et syriens. L'Australie renvoie les bateaux de migrants vers des centres de détention offshore.
Le Danemark, l'un des premiers signataires, a retiré le statut légal à des réfugiés syriens, les menaçant d'expulsion. Des rapports indiquent également que l'administration américaine envisage de retirer son soutien à l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).
Des organisations comme Amnesty International soulignent que le nouveau Pacte sur la migration et l'asile de l'UE pourrait faciliter le rejet des demandes d'asile sans examen approfondi, renvoyant les personnes vers des pays tiers sans lien avec elles. La 75ème anniversaire de la convention est un rappel urgent de la nécessité de renforcer la coopération internationale et de partager les responsabilités en matière de protection des réfugiés.
De plus, la convention présente des limites intrinsèques. Elle ne couvre pas ceux qui fuient la pauvreté, le changement climatique ou la violence des gangs. L'absence d'un organe de contrôle et de sanction permet aux gouvernements d'interpréter la convention selon leurs intérêts, voire de la contourner.
Des pays comme le Royaume-Uni, l'Italie et plusieurs États de l'UE explorent des accords avec des pays tiers pour le traitement des demandes d'asile ou l'expulsion des migrants, soulevant de vives critiques de la part des défenseurs des droits humains.


