À Barbuda, une île des Caraïbes, des résidents locaux mènent un combat juridique pour conserver l'accès à leurs plages, menacées par des projets immobiliers étrangers. Miranda Beazer, ancienne propriétaire d'un bar emblématique détruit par l'ouragan Irma en 2017, possède un bail de 30 acres de littoral.
Pourtant, elle n'a accès qu'à 8 acres, le reste étant occupé par des promoteurs comme Murbee Resorts et Peace Love and Happiness (PLH), selon ses allégations. Ces entreprises affirment détenir des baux légaux et n'avoir pas empiété sur des terres non autorisées.
Le conflit s'inscrit dans un cadre juridique complexe : depuis 2007, la loi sur les terres de Barbuda reconnaît un droit collectif d'occupation, mais des exceptions légales ont été introduites pour faciliter des projets comme The Beach Club Barbuda, un complexe hôtelier de 400 acres développé par des investisseurs incluant l'acteur Robert de Niro.
Les habitants dénoncent une violation de leurs droits fondamentaux d'accès aux plages, désormais réservées aux touristes aisés. En Jamaïque, une situation similaire est dénoncée par Devon Taylor, président du mouvement Jabbem, qui critique une législation discriminatoire limitant l'accès des locaux aux zones côtières.
Ces conflits fonciers illustrent des tensions plus larges dans les Caraïbes, où des lois héritées de la colonisation sont régulièrement contestées pour protéger les droits des communautés locales face à l'expansion du tourisme de luxe. Les militants appellent à une révision des cadres juridiques pour garantir un accès équitable aux ressources naturelles.



