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Haïti doit-il poursuivre les États-Unis pour le traitement des immigrants haïtiens ?Image : source
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Haïti doit-il poursuivre les États-Unis pour le traitement des immigrants haïtiens ?

Français··3 min de lecture
Vérifié 10 août 2026Publié 10 août 2026

Un défenseur des droits des Haïtiens aux États-Unis appelle le gouvernement haïtien à intenter un procès contre Washington. La communauté haïtienne dénonce des mesures jugées humiliantes et demande une action diplomatique.

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Un responsable haïtien basé à Springfield, dans l'Ohio, Vilès Dorsainvil, a appelé le gouvernement haïtien à engager des poursuites contre les États-Unis. Il dénonce le traitement « humiliant » réservé aux immigrants haïtiens, notamment l'obligation de porter des bracelets électroniques après leur arrivée.

Dorsainvil, directeur exécutif du Centre de soutien haïtien, a partagé ces revendications lors d'un entretien exclusif avec The Haitian Times le 10 août 2026. Selon lui, les autorités américaines, qui avaient initialement autorisé l'entrée de ces migrants, les traitent désormais comme des criminels.

Il souligne que le gouvernement haïtien, en restant silencieux, manque à son devoir de protection envers ses ressortissants. D'autres défenseurs des droits humains en Ayiti partagent cette position. Jules Romulus, directeur exécutif de Vision Haïtienne des droits de l'Homme (VHDH), a qualifié l'inaction du gouvernement de « leadership négligent ».

Il propose que Haïti demande un report des déportations jusqu'après les élections prévues en Ayiti, ou explore des alternatives diplomatiques. Romulus a ajouté : « Ne rien dire est une mauvaise gestion. » Les défenseurs citent des exemples internationaux, comme le Mexique qui a annoncé son intention de poursuivre les États-Unis après la mort de migrants mexicains en détention.

En Ayiti, des organisations comme MODEP et Zansèt Ayiti ont également réclamé une intervention diplomatique pour suspendre les déportations. Elles estiment que les conditions de sécurité et humanitaires en Ayiti ne permettent pas un retour digne et sécurisé des déportés.

Pierre Télémaque, leader syndical du secteur textile, affirme que le gouvernement haïtien pourrait faire reculer l'administration américaine si elle le souhaitait. « Si les dirigeants haïtiens le voulaient vraiment, ils pourraient convaincre les États-Unis de revenir sur leur décision de révoquer le statut de protection temporaire (TPS) pour les Haïtiens », a-t-il déclaré.

Cependant, il critique l'absence de volonté politique. Lucnas Etienne, président de Zansèt Ayiti, a insisté lors d'une conférence de presse le 14 juillet 2026 sur la nécessité d'une « offensive diplomatique » pour éviter une « catastrophe imminente ». À ce jour, aucun responsable haïtien n'a répondu publiquement aux propositions des défenseurs.

Le ministère des Haïtiens de l'étranger (MHAVE) a indiqué que les questions liées au TPS et aux politiques migratoires américaines échappaient à ses compétences.

Le directeur général de l'Office National de Migration (ONM), Jean Négot Bonheur Delva, a reconnu lors d'une conférence de presse à l'aéroport international de Okap que l'État haïtien devait accueillir les déportés avec dignité.

Cependant, Jean-Chenet Ulysse, président du mouvement sociopolitique Point Final, doute de la capacité des institutions haïtiennes à assister ces personnes. Il a souligné que plus de 1,5 million de personnes en Ayiti dépendent déjà de l'aide humanitaire.

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