La communauté haïtienne de Springfield, Ohio, est confrontée à des difficultés financières croissantes en raison de l'incertitude entourant le Statut de Protection Temporaire (TPS). Selon le Haitian Times, cette situation a entraîné une insécurité alimentaire, une instabilité de l'emploi et des difficultés à payer les services publics pour de nombreuses familles. Certaines ont même quitté la ville, ce qui a eu un impact sur les commerces locaux.
Des commerçants comme Claudette Mercibille et Paschhur Castelly témoignent d'une baisse d'activité d'environ 40% dans leurs magasins. Cette diminution est due au départ de nombreux Haïtiens vers d'autres villes comme Columbus, fuyant la peur des arrestations liées à l'immigration. Les familles restantes réduisent leurs dépenses, ce qui affecte l'économie locale, les propriétaires immobiliers et les envois de fonds vers Haïti.
Reanne Frank, professeure de sociologie à l'Ohio State University, souligne que ces réactions sont courantes lorsque les politiques d'immigration deviennent incertaines. Sharon D. Wright Austin, professeure de sciences politiques à l'University of Florida, estime que les Haïtiens sont particulièrement ciblés en raison de leur histoire, ce qui se traduit par un traitement plus sévère dans les débats et les politiques d'immigration.
Le Haitian Support Center à Springfield, dirigé par Rose-Thamar Joseph, a déjà aidé plus de 200 familles et constate une demande croissante. L'incertitude liée au TPS, qui permet à 350 000 Haïtiens de vivre et de travailler légalement aux États-Unis, continue de peser sur la communauté.

