Le vendredi 10 avril 2026, Mario ANDRÉSOL, ministre de la Défense d'Haïti, a déposé sa déclaration de patrimoine auprès de l'Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC). Cet acte s'inscrit dans le cadre de la 4e édition de la Journée dédiée à cette obligation légale, prévue par la loi du 20 février 2008.
Le ministre a souligné que cette démarche était « constitutionnelle » et a promis de renouveler l'exercice à la fin de son mandat. Selon ses propos, « la loi oblige, j'obéis », illustrant une conformité apparente aux exigences légales en matière de transparence financière pour les hauts fonctionnaires haïtiens.
La déclaration de patrimoine est obligatoire pour tout haut fonctionnaire dans les trente jours suivant son entrée en fonction, puis dans les trente jours après sa sortie. Cependant, cette obligation légale ne garantit pas automatiquement une vérification rigoureuse des déclarations soumises.
L'ULCC, chargée de contrôler la véracité des informations et de sanctionner les manquements, souffre de moyens insuffisants et d'un manque d'indépendance. Chaque année, des dizaines de déclarations sont déposées, mais les vérifications approfondies et les poursuites pour enrichissement illicite restent exceptionnelles.
Cette situation alimente la défiance des citoyens haïtiens envers les institutions, habitués aux scandales de détournements et aux déclarations de patrimoine non vérifiées. La transparence en Haïti ne se limite pas à des gestes individuels, mais exige des contrôles croisés, des publications non anonymisées et des sanctions exemplaires.
La véritable évaluation de cette déclaration interviendra dans les mois à venir, lorsque l'ULCC publiera ses conclusions. En attendant, la phrase du ministre résonne comme un rappel : obéir à la loi est un minimum, mais la transparence doit se prouver par des actions concrètes et systémiques.



