Des témoignages recueillis par AyiboPost révèlent que des marins versent des « frais de carburant » à des officiers de la garde côtière haïtienne pour traverser la baie de Port-au-Prince en toute sécurité. Ces paiements, variant entre 25 000 et 50 000 gourdes, servent à obtenir une escorte et éviter les attaques des gangs.
Face à cette situation, certains propriétaires de bateaux, comme Occéan Blaise, modifient leurs itinéraires pour éviter ces frais. D'autres, comme le pasteur Yves Louve, considèrent ces paiements comme une solution préférable à l'extorsion par les bandits. Jean Pedro mars, chef des garde-côtes, reconnaît l'existence de ces arrangements informels, justifiés par le manque de carburant et de ressources.
Selon mars, ces fonds permettent de maintenir les opérations, notamment l'escorte des bateaux reliant La Gonâve à Port-au-Prince. Il souligne que l'institution fait face à des défis importants en raison de l'insuffisance des équipements et des ressources. Une enquête d'AyiboPost avait déjà révélé en février l'extorsion des bateaux par des gangs.
Ednel Désir, délégué adjoint du district de La Gonâve, a initié cette collecte pour permettre aux marins de continuer à transporter passagers et marchandises en sécurité. Willy Vernelus, vice-président du SYMAG, confirme ces paiements, soulignant l'importance du secteur maritime pour l'économie de La Gonâve. Des voix s'élèvent pour demander à l'État d'assumer ses responsabilités et de fournir les ressources nécessaires à la garde côtière.

