À la Faculté de Droit et des Sciences Économiques (FDSE) de l’Université d’État d’Haïti (UEH), des étudiants signalent une pratique récurrente : certains professeurs demandent des frais élevés pour accompagner la rédaction des mémoires de fin d’études.
Abdelson Pierre, étudiant en droit, rapporte avoir été sollicité pour 100 000 gourdes afin d’obtenir un encadrement, une somme qu’il ne peut payer. Eddy Saint-Pierre, confronté au même problème, explique avoir contacté plusieurs enseignants, dont certains exigeaient une rémunération pour superviser son travail.
Ces demandes, selon les étudiants, bloquent leur progression académique et les empêchent de finaliser leur parcours à l’université. Le décanat de la FDSE affirme pourtant ne pas reconnaître cette pratique et assure que des professeurs-encadreurs sont désignés gratuitement pour accompagner les étudiants.
Cependant, la liste de ces encadreurs n’est ni affichée dans les locaux ni disponible en ligne, rendant leur identification difficile pour les étudiants. Selon le doyen Jean Eugène Pierre-Louis, les enseignants à temps plein sont tenus d’accompagner au moins trois étudiants par an, mais cette obligation n’est pas toujours respectée dans les faits.
La situation est d’autant plus critique que des étudiants en phase finale de leur mémoire, comme ceux inscrits au concours « Mon mémoire en 180 jours » lancé par la CNMP en octobre 2025, se retrouvent sans encadreur. Cinq des sept étudiants de la FDSE en phase finale du concours n’avaient toujours pas d’encadreur au 31 mars 2026, selon un document obtenu par AyiboPost.
Cette pratique, dénoncée depuis des années, est attribuée à la faible rémunération des enseignants à temps partiel et à leur influence dans l’administration publique. Roobens Dalton Victor, ancien coordinateur du comité central des étudiants, explique que les étudiants craignent les représailles de ces professeurs, qui occupent souvent des postes clés dans le système.
Jonel Dilhomme, ancien professeur de la FDSE, confirme cette réalité et évoque des cas de révocations liées à des refus de participer à ce système. Il souligne que certains enseignants continuent d’accompagner gratuitement leurs étudiants malgré les risques.



