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Cité Soleil : la situation sécuritaire reste critique après les violences entre gangsImage : source
Haïti

Cité Soleil : la situation sécuritaire reste critique après les violences entre gangs

Français··2 min de lecture
Vérifié 20 mai 2026Publié 20 mai 2026

Dix jours après des affrontements meurtriers à Cité Soleil, la population haïtienne vit toujours dans la peur. La police et une force multinationale tentent de reprendre le contrôle, mais les défis restent immenses.

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Dix jours après des affrontements violents entre gangs à Cité Soleil, un quartier de Port-au-Prince, la situation sécuritaire reste préoccupante. Des milliers de résidents ont fui leurs domiciles, tandis que des centaines de maisons ont été incendiées ou détruites.

Les affrontements persistants maintiennent un climat de terreur dans plusieurs zones, empêchant tout retour des déplacés. Selon Pierre Fritznel, responsable de l’ONG Combite pour la paix et le développement, les gangs continuent de mener des incursions régulières, malgré les interventions policières.

Les sites de déplacés, notamment à Delmas, accueillent quotidiennement de nouvelles familles arrivant sans ressources ni abri stable.

La police nationale haïtienne, déjà affaiblie par des années de crise institutionnelle, peine à maintenir une présence durable dans les quartiers contrôlés par les gangs. Des commissariats, tribunaux et bureaux d’état civil ont été détruits ou abandonnés, illustrant l’effondrement partiel de l’État dans certaines zones.

Les opérations ponctuelles de la police, parfois appuyées par des véhicules blindés, permettent des reprises temporaires de territoires, mais les gangs reprennent souvent le contrôle dès le retrait des forces de l’ordre.

La nouvelle force multinationale, composée initialement de 400 soldats tchadiens, suscite des espoirs, mais son effectif actuel est jugé insuffisant face à l’ampleur des groupes armés.

Les défenseurs des droits humains, dont l’ONG Combite, alertent également sur les abus documentés lors des opérations sécuritaires. Entre décembre 2025 et février 2026, plus de 80 civils non armés ont été tués lors d’opérations utilisant des drones explosifs.

Ces frappes, bien que ciblant parfois des positions de gangs, ont causé des destructions massives de biens privés et alimenté un sentiment d’injustice parmi la population. L’absence de mécanismes clairs pour les victimes d’obtenir réparation aggrave ce climat d’impunité.

La population haïtienne, épuisée par des années de crise sécuritaire, attend des solutions durables. Les attentes placées dans la force multinationale sont fortes, mais leur succès dépendra des moyens alloués, de la coordination avec la police haïtienne et d’une stratégie globale.

Pour l’instant, les gangs étendent leur influence au-delà de Port-au-Prince, notamment dans l’Artibonite et le Sud-Est, renforçant le sentiment d’un État en perte de contrôle territorial.

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