Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a souligné jeudi 7 mai 2026 lors du Forum d'examen des migrations internationales à New York que la gestion des migrations mondiales nécessite une coopération accrue entre les États.
Selon lui, la crise actuelle ne découle pas de la migration elle-même, mais de l'incapacité collective à la réguler de manière équitable et sécurisée.
Guterres a dénoncé l'utilisation des migrants comme boucs émissaires à des fins politiques, ainsi que la montée des violations de leurs droits fondamentaux, notamment pour les femmes et les filles victimes de traite ou de violences fondées sur le genre.
Il a rappelé que la migration a toujours contribué à la croissance économique et à l'innovation mondiale, mais que les défis actuels exigent des solutions collectives. Source : UN News — Migrants & Refugees (7 mai 2026).
Un bilan alarmant a été présenté lors de ce Forum, organisé tous les quatre ans pour évaluer le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Selon un rapport de l'ONU, au moins 200 000 personnes, principalement des femmes et des filles, ont été victimes de traite entre 2022 et 2026.
Par ailleurs, plus de 15 000 migrants sont morts ou ont disparu sur les routes migratoires ces deux dernières années. Les familles et les enfants migrants sont souvent détenus, tandis que les travailleurs migrants restent exposés à l'exploitation et privés de protection sociale.
Guterres a insisté sur la nécessité de placer les droits humains au cœur des politiques migratoires, en mettant fin aux pratiques discriminatoires et en privilégiant des alternatives à la détention, notamment pour les enfants et les familles.
Pour rendre la migration plus sûre, le Secrétaire général a appelé à renforcer les systèmes d'alerte, à améliorer les données migratoires et à multiplier les opérations de recherche et de sauvetage, conformément au droit international.
Il a également souligné l'urgence de lutter contre les réseaux criminels transnationaux de passeurs et de trafiquants, comparant leurs moyens à ceux mobilisés contre le trafic de drogue.
Guterres a plaidé pour l'élargissement des voies de migration régulière, notamment pour les étudiants, les travailleurs et les familles, afin de réduire les migrations irrégulières et l'exploitation.
Il a enfin insisté sur l'investissement dans les pays d'origine pour offrir des perspectives économiques et éducatives, faisant de la migration un choix volontaire plutôt qu'une nécessité.
La Présidente de l'Assemblée générale de l'ONU, Annalena Baerbock, a rappelé que la question n'est pas de savoir si la migration est bonne ou mauvaise, mais si elle est bien gérée. Elle a cité des exemples de pays industrialisés, comme l'Australie ou les États-Unis, où les migrants jouent un rôle clé dans des secteurs comme la santé ou la recherche.
Cependant, elle a averti que sans une gestion équilibrée, la migration peut devenir une source de division et de polarisation. Baerbock a appelé à des systèmes migratoires bien structurés pour garantir des bénéfices mutuels entre les nouveaux arrivants et les communautés d'accueil.



