Dix jours après des violents affrontements entre gangs rivaux à Cité Soleil, dans la capitale haïtienne Port-au-Prince, la situation humanitaire continue de se dégrader. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les combats ont provoqué la fuite de plus de 10 000 habitants et fait des dizaines de morts.
De nombreuses familles, dont les habitations ont parfois été incendiées, se trouvent toujours dans des centres d’accueil surpeuplés à Delmas, Tabarre et d’autres secteurs de la capitale.
Pierre Fritznel, responsable de l’organisation de défense des droits humains Combite pour la paix et le développement, indique que les conditions de sécurité ne permettent toujours pas aux déplacés de regagner leur quartier.
Cette nouvelle flambée de violence relance les critiques envers un État haïtien jugé quasi absent de Cité Soleil depuis les attaques de gangs contre des institutions publiques en 2020.
Malgré le déploiement récent de plusieurs centaines de soldats tchadiens dans le cadre de la force multinationale de soutien à la Police nationale haïtienne, de nombreux Haïtiens estiment que la réponse internationale et gouvernementale reste insuffisante face à l’urgence sécuritaire.
L’entrepreneur haïtien Marc Alain Boucicault, invité dans l’émission, a partagé les défis rencontrés par les jeunes entrepreneurs dans ce contexte.
Formé aux États-Unis et passé par la Banque mondiale ainsi que la Banque interaméricaine de développement, il a choisi de revenir investir en Haïti malgré les difficultés structurelles, la violence persistante et le manque d’accompagnement économique. Il a également souligné l’impact de la corruption sur les porteurs de projets locaux.
Les affrontements récents à Cité Soleil s’inscrivent dans une crise sécuritaire prolongée qui affecte profondément la vie quotidienne des habitants, notamment des jeunes et des entrepreneurs.



