L'autorité électorale péruvienne a officialisé la tenue d'un second tour de l'élection présidentielle le 7 juin, opposant Keiko Fujimori (droite) à Roberto Sánchez (gauche). Keiko Fujimori, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, a obtenu 17,1% des voix au premier tour, tandis que Roberto Sánchez a recueilli 12%. Ce duel s'annonce très polarisé, reflétant une société divisée.
Keiko Fujimori représente la continuité du fujimorisme, un courant de droite dure et autoritaire axé sur un modèle économique néolibéral. Son mouvement est également implanté dans les régions et les quartiers populaires.
Roberto Sánchez incarne une gauche radicale, connectée aux territoires andins et autochtones, et se positionne comme le défenseur des populations marginalisées, dans la lignée de Pedro Castillo. Il prône la défense des territoires et un meilleur contrôle des ressources minières.
La campagne du second tour sera dominée par le thème économique, selon Lissell Quiroz, professeure d'études latino-américaines, citée par RFI. Keiko Fujimori mettra en avant la croissance économique et l'attractivité pour les investisseurs issues des réformes néolibérales de son père.
Roberto Sánchez cherchera à rassurer sur sa volonté de ne pas s'éloigner de l'économie de marché, face aux craintes d'une "vénézuélisation" du pays, caractérisée par une inflation accrue et une perte de confiance des marchés.
Le choix des électeurs pourrait se jouer davantage sur un vote de rejet de l'un des candidats que sur une adhésion franche, compte tenu des souvenirs des violations des droits humains sous Alberto Fujimori et des craintes concernant le modèle économique proposé par Sánchez. L'abstention et les votes blancs pourraient également jouer un rôle significatif.
La source de cette analyse est un entretien avec Lissell Quiroz, publié sur RFI le 18 mai 2026.



