Une étude récente du National Bureau of Economic Research (NBER) révèle que le durcissement des contrôles migratoires par l'ICE (Immigration and Customs Enforcement) aux États-Unis ne génère pas de gains nets pour les travailleurs américains. Contrairement aux affirmations politiques, cette politique ne libère pas d'emplois pour les nationaux.
Les chercheurs ont comparé les zones fortement touchées par les arrestations de l'ICE à celles moins concernées, avant et après le renforcement des contrôles.
Les résultats indiquent une baisse de 4 % de l'emploi dans les zones les plus exposées, non seulement en raison des expulsions directes, mais aussi à cause de la peur des travailleurs immigrés qui réduisent ou cessent leur activité professionnelle par crainte d'être contrôlés ou arrêtés. Cette peur a un impact économique direct, bien au-delà des simples expulsions.
Les travailleurs américains ne récupèrent pas ces emplois perdus. L'étude souligne que les travailleurs immigrés et locaux occupent souvent des rôles complémentaires sur le marché du travail.
Par exemple, dans le secteur de la construction, un ouvrier sans papiers effectue généralement les tâches physiques les plus exigeantes, tandis qu'un salarié américain supervise ou gère la logistique. Si le premier disparaît, le second ne reprend pas automatiquement son poste. Le chantier ralentit, les projets sont retardés, et certains sont même annulés.
Les emplois laissés vacants par les travailleurs immigrés restent souvent peu attractifs pour les Américains en raison de conditions de travail difficiles, de salaires jugés insuffisants ou de contrats saisonniers. Les employeurs ne réagissent pas en augmentant les salaires pour attirer davantage de travailleurs locaux.
Au contraire, beaucoup réduisent leur activité, acceptent moins de commandes et reportent des investissements. Cette situation crée un choc d'offre négatif, entraînant une baisse de la production et un risque de hausse des prix à long terme. Les effets de cette politique dépassent le marché de l'emploi.
Dans le Minnesota, une autre étude a révélé une perte de plus de 600 millions de dollars de consommation en un mois, en raison de la réduction des dépenses des ménages immigrés par crainte des contrôles. Ces résultats montrent que la main-d'œuvre immigrée, y compris irrégulière, est structurellement intégrée à l'économie américaine.
Son retrait fragilise l'équilibre économique global. Source : RFI — Amériques, étude du National Bureau of Economic Research (NBER).



